Luberon à vélo : l'itinéraire secret des villages perchés
Pédalez entre villages perchés du Luberon : itinéraire secret, panoramas époustouflants et senteurs de lavande. Circuit vélo inédit, conseils et étapes clés.

Sommaire
Between lavender fields and ocre cliffs, the Luberon reveals its finest secrets to those who slow down. This cycling route, far from tourist roads, links the most authentic perched villages, from Gordes to Ménerbes, over rocky paths and demanding climbs. You’ll find more than a simple itinerary here: tips for managing steep gradients, gourmet stops with local artisans, and viewpoints known only to curious cyclists. Ready your legs and your camera—this guide leads to a secret Provence, wild and majestic.
Préparer son voyage et choisir la bonne période
Comprendre le terrain et le climat du Luberon
Le Luberon n’est pas une simple campagne vallonnée. C’est une chaîne de montagnes du Vaucluse, protégée au sein du Parc Naturel Régional créé en 1977. Ce relief escarpé impose le respect à tout cycliste. Entre les villages perchés, les routes s’élèvent et s’abaissent sans prévenir, avec des dénivelés qui peuvent surprendre. La montée vers Gordes depuis la vallée atteint 200 à 300 mètres de dénivelé positif sur quelques kilomètres seulement. Les pentes à 8 ou 10 % sont fréquentes, surtout sur les lacets qui mènent à Roussillon, Bonnieux ou Lacoste. Pour pédaler dans de bonnes conditions, visez les périodes où les températures oscillent entre 15 et 25 °C : d’avril à juin, puis de septembre à octobre. Le printemps offre des paysages fleuris, mais méfiez-vous du mistral. Ce vent du nord, souvent violent, souffle le plus fort en mars et avril. Il peut transformer une descente joyeuse en épreuve dangereuse, et une montée déjà rude en combat épuisant contre des rafales latérales. Consultez les prévisions météo la veille et privilégiez les matinées calmes, quand le vent a tendance à se lever en début d’après-midi.
Équipement essentiel et condition physique
Ne partez pas avec un vélo de course standard. Le Luberon exige des braquets adaptés à la montagne : un triple plateau ou un compact (50/34) est vivement recommandé pour grimper sans vous mettre dans le rouge. Vos freins doivent être performants, car les descentes sont longues et sinueuses, souvent sur des routes étroites bordées de murets en pierre sèche. Optez pour des pneus polyvalents, capables d’encaisser les sections de gravier qui relient certains villages, notamment entre Gordes et Murs. Dans votre sac, emportez toujours une gourde d’au moins 1,5 litre, des barres énergétiques, une pompe, une chambre à air de rechange et un coupe-vent léger mais efficace contre le mistral. Les températures peuvent chuter brutalement en altitude, même en été. Côté physique, ne sous-estimez pas l’effort : entraînez-vous plusieurs semaines sur des parcours vallonnés avant le départ. Les enchaînements de montées et de descentes sollicitent le cardio et les cuisses de manière intense. Si vous n’êtes pas habitué aux pentes soutenues, commencez par des sorties de 40 à 60 kilomètres avec 500 à 800 mètres de dénivelé, puis augmentez progressivement. Avec une bonne préparation, ces villages perchés deviennent un plaisir, et non une souffrance.
Les villages perchés incontournables et leur enchaînement
Le circuit classique des six joyaux
Six villages d’exception composent l’itinéraire de référence, celui qui justifie à lui seul un voyage dans le Luberon : Gordes, Roussillon, Bonnieux, Ménerbes, Lacoste et Oppède-le-Vieux. Ils se tiennent tous dans un rayon de vingt à trente kilomètres. Un cycliste entraîné peut donc les enchaîner en une journée ; pour qui veut flâner, deux jours seront plus confortables. Le tracé logique démarre à Gordes, perché sur son éperon rocheux. Dès les premières lueurs du matin, on y admire le château qui domine la vallée. On redescend ensuite vers Roussillon, dont les falaises d’ocre offrent un spectacle minéral unique, presque irréel, avec des teintes allant du jaune pâle au rouge profond. La montée vers Bonnieux se fait plus exigeante. Elle récompense par une église fortifiée et un panorama à 360 degrés sur les champs de cerisiers et de vignes. Ménerbes se découvre au fil de ruelles étroites et de maisons en pierre sèche. Lacoste séduit par son château en ruine juché sur un piton et par son atmosphère artistique. Oppède-le-Vieux clôt le circuit en beauté : son village médiéval abandonné, ses remparts et sa végétation sauvage contrastent saisissamment avec les étapes précédentes. Chaque village possède son identité propre, et c’est cette diversité qui fait la richesse du parcours.
Variantes et boucles pour personnaliser le parcours
Ce circuit de base n’est qu’un canevas. Pour l’adapter à votre forme ou à vos envies, vous pouvez retirer un ou deux villages, quitte à revenir sur vos pas par une route différente. Les cyclistes curieux, à l’inverse, allongeront le trajet en ajoutant des détours vers des hameaux moins connus comme Saint-Pantaléon, Sivergues ou Buoux : leurs routes quasi désertes et leur authenticité préservée valent le détour. Pour une expérience en deux jours, choisissez un point central – Bonnieux, par exemple – et rayonnez en boucles autour de lui, en dormant au même endroit chaque nuit. Vous roulerez ainsi léger, sans bagages, et profiterez pleinement des montées. Un parcours en ligne de trois à quatre jours, lui, s’organise en dormant dans chaque village. Cela évite les longues remontées matinales et vous plonge dans l’ambiance nocturne des ruelles. Côté routes, sachez que les départementales principales – notamment la D900 et la D108 – supportent un trafic automobile soutenu en été. Privilégiez donc les petites départementales, souvent étroites mais paisibles, et surtout les chemins de gravier balisés qui sillonnent le massif. Ils relient les villages par des crêtes ou des fonds de vallée, avec des pentes parfois rudes mais une tranquillité incomparable. Le revêtement est généralement correct, mais un vélo de route avec des pneus légèrement élargis – ou un gravel – sera plus confortable sur ces sections.
La gestion du dénivelé et des montées
Stratégies pour les côtes raides
La montée vers Gordes, avec ses 200 à 300 mètres de dénivelé sur quelques kilomètres, compte parmi les plus exigeantes de l’itinéraire. Dès que la pente s’annonce, passez sur un braquet court avant même que la route ne s’élève vraiment. Beaucoup commettent l’erreur d’attaquer trop fort dans les premiers hectomètres, pour ensuite le payer dans les lacets finaux. Adoptez plutôt un rythme régulier, presque monotone, respiration maîtrisée et cadence élevée, autour de 70 à 80 tours de pédale par minute. Alternez les positions assis-debout toutes les deux ou trois minutes : cela soulage les lombaires, fait varier les groupes musculaires sollicités et prévient les crampes. Ne vous précipitez jamais. Une pente à 10 % se monte bien mieux à 8 km/h qu’à 15 km/h avec un effort explosif qui vous laissera sur le carreau avant le sommet. Surveillez aussi votre trajectoire : les bas-côtés du Luberon cachent parfois des fissures ou des gravillons roulants, surtout après les orages. Par forte chaleur, cherchez l’ombre des murets en pierre sèche pour une pause courte, mais évitez de descendre de vélo dans les virages les plus raides, où redémarrer devient vite une épreuve.
Descentes techniques et sécurité
Les descentes entre les villages perchés sont aussi belles que piégeuses. Routes étroites, murs anciens, talus, virages en épingle qui se succèdent sans avertissement. La règle d’or : freinez avant le virage, jamais dans le virage. Abordez chaque courbe en regardant loin devant, le poids du corps légèrement en arrière, les mains sur les cocottes pour un accès immédiat aux freins. Méfiez-vous des graviers accumulés à l’extérieur des virages et des nids-de-poule creusés après l’hiver. Dans les sections exposées au mistral, des rafales latérales violentes peuvent vous déstabiliser en pleine vitesse ; réduisez alors l’allure, tenez fermement le guidon et écartez légèrement les coudes pour stabiliser l’ensemble. Ne roulez jamais au milieu de la chaussée, même si la route paraît vide : les voitures locales connaissent ces courbes par cœur et les abordent vite. Portez toujours un casque bien ajusté et un éclairage arrière clignotant, même en plein jour, car les tunnels d’arbres et les passages ombragés réduisent soudainement votre visibilité pour les automobilistes. Enfin, gardez une distance de sécurité généreuse avec le cycliste qui vous précède : un freinage brusque dans une descente en pierres sèches peut provoquer une chute en chaîne.
Le Sentier des Ocres et les curiosités naturelles
Roussillon et le Sentier des Ocres
À Roussillon, le Sentier des Ocres justifie à lui seul le détour. Cette promenade de 30 à 60 minutes serpente à travers d’anciennes carrières à ciel ouvert. Les falaises y déploient une palette spectaculaire : rouges flamboyants, jaunes solaires, orange brûlés. Sculptées par l’érosion et l’exploitation passée, ces teintes créent des paysages presque irréels, dignes d’un décor de cinéma. Prenez votre temps : ni la précipitation ni la chaleur de midi ne rendent justice à ce lieu. Vous pouvez garer votre vélo à l’entrée du sentier, mais verrouillez-le solidement – même ici, un bon cadenas reste votre meilleur allié. Prévoyez de bonnes chaussures, car le sol est parfois sablonneux et glissant, et n’oubliez pas l’eau, surtout en été.
Autres sites naturels à ne pas manquer
Au-delà de Roussillon, le Luberon se révèle comme une zone protégée d’une richesse écologique remarquable. Bonne nouvelle pour les cyclistes : le vélo est autorisé sur toutes les routes publiques, ce qui permet de relier les villages perchés en toute légalité. Le hors-piste, en revanche, est strictement restreint aux sentiers balisés du parc naturel régional, afin de préserver la fragilité des écosystèmes. Respectez cette règle, et vous serez récompensé par des traversées inoubliables. En chemin, laissez-vous porter par le parfum des chênes verts, la texture des garrigues et l’architecture des vignobles en terrasses qui épousent les pentes. Chaque montée offre des points de vue saisissants sur la vallée du Calavon, où les champs dessinent des mosaïques changeantes. Par temps clair, le majestueux mont Ventoux se profile à l’horizon. Ces panoramas méritent des arrêts photo réguliers : respirez, contemplez, saisissez la lumière qui transforme les couleurs au fil des heures. Entre deux efforts, un arrêt à un point d’eau ou sous un bosquet de chênes permet d’observer la faune locale, discrète mais présente. Ce tronçon, à la fois exigeant et contemplatif, incarne l’esprit du Luberon : une aventure à vélo où la nature dicte son tempo, lent et majestueux.
Les routes, les chemins et la navigation
Choisir entre routes goudronnées et pistes de gravier
Votre première décision porte sur le revêtement. Les routes départementales, reconnaissables à leur préfixe « D », relient les villages par les itinéraires les plus directs, avec un dénivelé régulier et un revêtement lisse qui permet de progresser vite. Mais certaines, notamment entre Gordes et Roussillon ou autour de Bonnieux, sont étroites, sans bas-côtés, et fréquentées par les voitures en été. La cohabitation devient alors parfois tendue, surtout dans les lacets.
Les pistes de gravier – anciennes voies agricoles ou chemins de service des vignes et oliveraies – offrent une tout autre expérience. Elles vous plongent au cœur des paysages, loin du bruit, avec des vues dégagées sur les crêtes. En contrepartie, elles exigent une bonne maîtrise du vélo pour négocier les cailloux roulants et une dépense énergétique supérieure, surtout en montée. Sur ces surfaces, le pneu avant peut déraper dans les virages serrés si vous roulez trop vite.
La solution la plus intelligente combine les deux. Une stratégie éprouvée : monter sur le goudron, où les pourcentages sont plus réguliers et vos forces préservées, puis redescendre sur les chemins de gravier dès que possible. Vous profitez ainsi de la descente sans craindre le trafic, tout en découvrant des points de vue invisibles depuis la route. La montée vers Lacoste se fait bien sur la D109, mais la descente vers le vallon de Sénancole est magnifique par la piste qui longe les murets de pierre sèche.
Outils de navigation et cartes recommandées
La navigation dans le Luberon ne pardonne pas l’improvisation. Le réseau téléphonique est capricieux, surtout dans les vallées encaissées où les antennes sont masquées par les reliefs. Ne comptez pas sur la connexion en temps réel. Avant de partir, investissez dans un GPS de vélo ou une application mobile permettant de charger des cartes topographiques hors ligne. Elles indiquent les courbes de niveau, les sentiers non goudronnés et les points d’eau – des informations cruciales pour adapter votre parcours selon votre fatigue.
Téléchargez à l’avance les traces GPX de votre itinéraire, en vérifiant qu’elles sont calibrées pour un vélo, et non pour un VTT de descente ou une randonnée pédestre. Sur le terrain, ne vous fiez pas uniquement aux panneaux : la signalétique touristique du parc naturel régional vise les voitures et les marcheurs, pas les cyclistes. Une intersection mal indiquée ou un panneau masqué par la végétation n’est pas rare. À chaque carrefour, même si la direction semble évidente, sortez votre carte ou votre écran pour confirmer votre chemin. Une erreur de deux kilomètres peut vous coûter trente minutes de montée inutile.
Les marchés locaux et la gastronomie en route
Planifier les arrêts marché pour le ravitaillement
Sur les routes du Luberon, les marchés hebdomadaires sont de véritables points de ravitaillement stratégiques pour le cycliste, bien plus que de simples étapes touristiques. Gordes s’anime le mardi matin, Roussillon le jeudi. Apt, Bonnieux, Cucuron et d’autres villages perchés ont leurs propres jours, souvent en début de semaine. Pour en profiter pleinement, arrivez tôt – idéalement entre 8h et 9h – avant que la foule ne s’épaississe et que les places étroites ne deviennent difficiles à négocier avec un vélo chargé. Vous trouverez alors facilement un endroit pour poser votre monture, de préférence à l’ombre d’un platane ou le long d’un muret, et vous pourrez déambuler librement entre les étals.
Faites vos emplettes avec un œil de cycliste : des fruits de saison qui supportent bien le transport, comme les abricots ou les cerises, un morceau de fromage de chèvre fermier, une baguette encore chaude, un sachet d’olives de la vallée. Glissé dans une sacoche, ce pique-nique se transformera en un repas mérité au sommet d’une colline, face aux vignobles et aux champs de lavande. Pensez aussi à remplir vos gourdes aux fontaines publiques, nombreuses dans ces villages, pour éviter d’acheter des bouteilles d’eau en plastique. Un marché bien planifié vous permet de rouler léger tout en mangeant local, sans dépendre des rares commerces d’alimentation générale situés sur les routes entre les villages.
Les vins AOC Côtes du Luberon et les pauses dégustation
La région viticole s’étend sur les coteaux et les plaines entre les villages perchés. L’AOC Côtes du Luberon produit des rouges frais, des rosés secs et des blancs aromatiques qui méritent une halte. De nombreux domaines, souvent installés dans d’anciennes bastides, accueillent les visiteurs pour des dégustations. Avant de vous engager sur un chemin de vigne, vérifiez les horaires d’ouverture : ils sont fréquemment réduits hors saison touristique, et certains domaines ferment le week-end ou entre midi et 15h. Un coup de fil ou un coup d’œil rapide à la pancarte à l’entrée vous évitera une montée inutile.
Une règle d’or : ne buvez jamais d’alcool avant de reprendre le vélo. Prévoyez une dégustation en fin d’étape, ou utilisez un sac de transport pour ramener les bouteilles à votre hébergement.
La dégustation doit rester un plaisir raisonnable : vous êtes là pour goûter, pas pour vous désaltérer. Si vous souhaitez acheter deux ou trois bouteilles, la plupart des domaines proposent des caisses en carton ou des sacs isothermes que vous pourrez fixer à votre porte-bagages. L’eau reste votre meilleure alliée pour l’effort : prévoyez au moins deux litres par personne pour une journée complète de pédalage, et privilégiez les arrêts à l’ombre pour boire régulièrement, même avant d’avoir soif. Un bon compromis consiste à faire une dégustation en milieu d’après-midi, après avoir bouclé la majorité de votre étape, puis à rejoindre votre hébergement sans plus reprendre la selle – ou alors juste pour quelques centaines de mètres à plat.
Logistique d’hébergement et transport du vélo
Organiser un itinéraire en autonomie ou semi-guidé
Pour pédaler en totale autonomie, réservez vos nuits bien à l’avance. De mai à juin, puis en septembre, les villages perchés du Luberon affichent complet très vite. Bloquez vos chambres plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance. Privilégiez les chambres d’hôtes ou les petits hôtels de charme avec un local à vélos fermé et sécurisé – demandez-le explicitement. Un garage, une cave voûtée ou un abri de jardin verrouillé feront l’affaire, mais vérifiez avant de vous engager. L’option semi-guidée, elle, allège la charge mentale et physique. Plusieurs agences locales, basées à Apt, Bonnieux ou Gordes, transportent vos bagages chaque jour entre les étapes. Vous roulez alors avec une simple sacoche légère, ce qui transforme le plaisir de grimper les lacets vers les villages. Ces prestataires louent aussi des vélos à assistance électrique, un vrai atout pour les montées soutenues vers Roussillon ou Lacoste. Renseignez-vous sur les tarifs et la disponibilité des batteries, et demandez un itinéraire personnalisé selon votre niveau.
Se rendre dans le Luberon et revenir
L’accès au parc se fait principalement par les gares TGV d’Avignon ou d’Aix-en-Provence, à environ 40 à 60 kilomètres du cœur du Luberon. Depuis l’une ou l’autre, prenez un train régional (TER) jusqu’à Cavaillon ou Apt, deux portes d’entrée pratiques. À la descente du train, enfourchez votre vélo et rejoignez votre premier village perché. Pour le retour, deux options : prévoir une boucle complète qui vous ramène à votre gare de départ, ou utiliser les navettes et taxis-vélo qui opèrent en saison. Ces derniers prennent en charge un ou deux vélos sur remorque, pratique après une longue journée. Avant de partir, vérifiez les règles de transport des vélos dans les TER : la plupart des lignes locales les acceptent gratuitement, mais certaines imposent une réservation ou limitent le nombre de places. Un coup de fil à la gare ou un œil sur les horaires en ligne évitera bien des surprises. Enfin, si vous arrivez en voiture, plusieurs parkings relais en périphérie d’Apt et de Cavaillon permettent de garer votre véhicule plusieurs jours, à condition de vous y prendre tôt le matin.
Conseils avancés pour les cyclistes expérimentés
Gérer le mistral et les conditions changeantes
Le mistral n’est pas une simple brise de vallée. C’est un vent qui sculpte le relief, assèche les garrigues et peut transformer une montée tranquille en véritable épreuve de force. Sur les crêtes entre Gordes, Menerbes ou Lacoste, il s’engouffre dans les cols étroits et frappe par rafales latérales, souvent sans prévenir. Un cycliste aguerri le sait : la première heure après le lever du jour est souvent la plus calme. Mais dès que le soleil grimpe, le vent se lève avec lui, parfois jusqu’à 60 ou 70 km/h dans les passages exposés.
Avant de partir, consultez les prévisions spécifiques au Luberon, pas celles d’Avignon ou d’Aix. Les cartes de vent locales, disponibles sur certains sites météo spécialisés, indiquent les zones de turbulence près des falaises d’ocre et des combes. Prévoyez un parcours adaptatif : gardez en tête une variante basse par la vallée de la Calavon si le vent devient insoutenable sur les hauteurs.
En montée, le mistral face à vous peut casser votre rythme cardiaque. Ne cherchez pas à maintenir votre braquet habituel. Passez sur un développement plus court et restez assis, les mains sur le haut du cintre pour mieux contrôler la direction. En descente, le danger est inverse : une rafale latérale peut vous pousser vers le fossé. Ralentissez avant chaque virage exposé, surtout ceux orientés nord-sud, et gardez une position basse, coudes fléchis, pour abaisser votre centre de gravité. Ne freinez jamais brutalement dans une rafale ; relâchez légèrement les freins pour laisser la roue avant suivre la pression du vent.
Les conditions changent aussi avec l’orage, fréquent en fin d’après-midi en été. Le ciel peut passer d’un bleu pur à un mur noir en moins de vingt minutes. Emportez toujours une veste coupe-vent imperméable même si le ciel paraît immaculé au départ. Sur les routes étroites qui relient les villages perchés, l’eau de pluie ruisselle rapidement et forme des plaques de gravier ou de sable sur l’asphalte, surtout après les vignes. Si le tonnerre gronde, ne vous abritez jamais sous un chêne isolé ou un muret en pierre sèche ; descendez vers une ferme ou un bosquet dense.
Enfin, le changement de température est brutal. Après une montée en plein soleil, une descente à l’ombre des falaises peut faire chuter le ressenti de plusieurs degrés. Prévoyez des gants longs et un maillot à manches couvrantes, même en juillet, pour conserver la sensibilité de vos doigts sur les freins. Le Luberon se mérite : il récompense ceux qui savent lire le ciel autant que la carte.
Questions fréquentes
Quelle est la difficulté générale de cet itinéraire à vélo entre les villages perchés du Luberon ?
L'itinéraire est globalement modéré à difficile, car il comporte de nombreuses montées courtes mais raides pour rejoindre les villages perchés comme Gordes, Roussillon ou Ménerbes. Les dénivelés cumulés peuvent atteindre 800 à 1 200 mètres selon la variante choisie, ce qui demande une bonne condition physique. Les descentes techniques sur routes étroites et sinueuses ajoutent un défi supplémentaire.
Quel type de vélo est recommandé pour cet itinéraire ?
Un vélo de route avec des pneus d'au moins 28 mm est possible sur les routes principales, mais un vélo de gravel ou un VTT est plus confortable pour les portions de chemins de terre et de pistes agricoles entre les villages. Les montées raides vers les villages nécessitent des braquets suffisamment souples, surtout si vous êtes chargé. Évitez les vélos trop lourds ou sans assistance électrique si vous n'êtes pas entraîné.
Quelle est la meilleure période de l'année pour faire ce parcours ?
Le printemps (avril à juin) et l'automne (septembre à octobre) sont idéaux, avec des températures douces et moins de trafic touristique. En été, la chaleur peut être éprouvante, surtout sur les montées exposées, et les routes sont plus fréquentées par les voitures et les camping-cars. En hiver, certaines routes peuvent être glissantes à cause du gel et des feuilles mortes, mais les jours ensoleillés restent praticables.
Combien de temps faut-il prévoir pour parcourir l'itinéraire complet ?
Comptez entre 3 et 5 heures de vélo effectif pour une boucle de 40 à 60 km, selon votre rythme et le nombre d'arrêts. Pour profiter des villages et des points de vue, prévoyez une journée entière, soit 6 à 8 heures avec les pauses. Si vous souhaitez visiter les sites comme le Sentier des Ocres à Roussillon ou le château de Gordes, ajoutez 1 à 2 heures supplémentaires.
Y a-t-il des points d'eau ou des fontaines pour se ravitailler en cours de route ?
Oui, la plupart des villages perchés disposent de fontaines publiques, souvent près de la place centrale ou de l'office de tourisme, où vous pouvez remplir vos gourdes. Cependant, certaines fontaines peuvent être tarissables en été ou non potables, donc vérifiez les panneaux. Il est prudent de partir avec au moins 1,5 litre d'eau par personne, car les tronçons entre villages peuvent être longs et sans commerce.
Quels sont les principaux villages perchés inclus dans l'itinéraire ?
L'itinéraire classique relie généralement Gordes, Roussillon, Ménerbes, Lacoste, Bonnieux et parfois Oppède-le-Vieux. Chacun de ces villages offre des ruelles médiévales, des points de vue panoramiques sur la vallée et des monuments historiques. Vous pouvez aussi ajouter Goult ou Saignon pour une variante plus longue, mais attention aux dénivelés supplémentaires.
Est-il possible de raccourcir l'itinéraire ou de faire des boucles plus petites ?
Oui, vous pouvez facilement créer des boucles de 15 à 25 km en ne visitant que deux ou trois villages, par exemple Gordes et Roussillon, ou Bonnieux et Lacoste. Les routes départementales et les chemins vicinaux offrent de nombreuses options de coupe, mais certaines montées sont inévitables pour atteindre les villages perchés. Utilisez une carte IGN ou une application GPS pour planifier des raccourcis sans vous perdre.
Quelles précautions de sécurité spécifiques à cette région faut-il prendre ?
Soyez vigilant sur les routes étroites et sinueuses, car les automobilistes peuvent être rapides, surtout en été, et les virages sont parfois aveugles. Portez un casque, des vêtements visibles et utilisez un éclairage avant et arrière, même en journée, car certains tunnels ou sections sont sombres. En cas de vent fort (mistral), les descentes peuvent être dangereuses, donc ralentissez et tenez fermement le guidon.
Y a-t-il des options pour louer un vélo ou trouver un accompagnateur sur place ?
Plusieurs villages comme Gordes, Roussillon et Bonnieux disposent de loueurs de vélos, souvent des VTT ou des vélos électriques, qui peuvent vous fournir des cartes et des conseils d'itinéraire. Vous pouvez aussi trouver des guides locaux proposant des sorties accompagnées, mais il est recommandé de réserver à l'avance en haute saison. Les offices de tourisme du Luberon ont des listes de prestataires à jour.
Quels sont les points de vue ou arrêts incontournables le long du parcours ?
Ne manquez pas la vue depuis le belvédère de Gordes sur la plaine et les Alpilles, et le panorama depuis le rocher de Roussillon avec ses ocres. À Ménerbes, la table d'orientation près du cimetière offre un superbe point de vue sur le mont Ventoux, et à Bonnieux, la montée vers la vieille église est récompensée par une vue à 360 degrés. Prévoyez aussi un arrêt au château de Lacoste pour son atmosphère et son histoire liée au Marquis de Sade.